L'essentiel
- Trois chiffres, jamais un seul : le rendement brut (recettes rapportées au prix de revient), le rendement net (après charges), le cashflow (ce qui reste une fois le crédit payé). Seul le troisième se dépense.
- Le rendement brut ne décide de rien. Sur un T2 de 45 m² à Serris acheté environ 200 000 € (base 4 453 €/m², prix médian publié sur notre page commune d'après Figaro Immobilier au 1er août 2026), il va de 10,2 % à 24,6 % selon l'hypothèse de remplissage retenue.
- Un prix affiché n'est pas un revenu. Prix de liste médian relevé le 3 septembre 2026 pour un logement entier, sur 7 nuits en octobre 2026, frais inclus : 125 € la nuit à Serris, 112 € à Vincennes, 79 € à Fontainebleau, 68 € à Reims.
- La taxe de séjour varie de 1 à 5 dans un même département : 3,25 % du prix de la nuitée à Melun contre 16,25 % du prix hors taxes en Val d'Europe et dans les communes taxées du Val-de-Marne (relevés du 3 septembre 2026). Elle est encaissée pour la commune, ce n'est jamais votre revenu.
- Au-delà de 15 000 € de recettes annuelles, le micro-BIC d'un meublé non classé ne s'applique plus (abattement ramené à 30 %, plafond à 15 000 € par la loi n° 2024-1039 dite loi Le Meur) : le régime réel devient le cadre par défaut.
- Le calcul se fait après la mairie. Plafond de jours, changement d'usage, compensation et plan local d'urbanisme décident avant le premier tableur.
Trois chiffres, pas un
Le rendement brut : un outil de tri, pas de décision
Formule : recettes annuelles ÷ prix de revient total × 100. Le prix de revient n'est pas le prix d'achat : ajoutez frais d'acquisition, travaux et ameublement, sinon le résultat est flatté d'entrée. Ce chiffre sert à écarter un bien trop cher pour ce qu'il produit, rien de plus : il ne connaît ni vos charges, ni votre crédit, ni votre fiscalité.
Le rendement net : le seul comparable avec une location classique
Formule : (recettes annuelles moins charges d'exploitation) ÷ prix de revient total × 100, hors fiscalité et hors crédit.
Les charges se relèvent sur vos propres documents, pas dans un article : copropriété, taxe foncière, assurance propriétaire non occupant adaptée à la courte durée, énergie et internet, linge et consommables, honoraires comptables, commission de conciergerie, provision pour casse. C'est le poste où la plupart des calculs se trompent, parce qu'il est le seul à demander du travail.
Le cashflow : le seul chiffre qui se dépense
Formule : (recettes annuelles moins charges d'exploitation moins impôt) ÷ 12 moins la mensualité de crédit.
Un cashflow légèrement négatif n'est pas forcément un mauvais dossier, à condition de le savoir avant de signer. Découvert au septième mois d'exploitation, c'est autre chose.
Un exemple chiffré, ligne par ligne : un T2 à Serris
Chaque ligne porte son origine : mesure sourcée, ou hypothèse de travail à remplacer par votre chiffre.
| Ligne du calcul | Montant | Origine |
|---|---|---|
| Prix d'achat, T2 de 45 m² à 4 453 €/m² | 200 385 €, arrondi à 200 000 € | prix médian de notre page Serris, Figaro Immobilier au 1er août 2026 |
| Emprunt de 190 000 € sur 25 ans à 3,30 % | environ 930 €/mois hors assurance | taux moyen de juin 2026, Observatoire Crédit Logement/CSA |
| Recettes brutes annuelles, hypothèse basse | 20 400 € (1 700 €/mois) | bas de la fourchette publiée pour Serris (1 700 à 4 100 €/mois) |
| Commission de conciergerie, 20 % HT | 4 080 €/an | notre tarif, au résultat |
| Reste avant charges du bien et impôt | 16 320 €/an | calcul |
| Crédit sur douze mois | 11 160 €/an | calcul |
| Marge disponible pour les charges du bien | 5 160 €/an, soit 430 €/mois | calcul |
Lecture. Il reste 5 160 € par an pour payer la copropriété, la taxe foncière, l'assurance, l'énergie, le linge, la comptabilité et la provision pour casse. Sous ce seuil, le cashflow est positif. Au-dessus, il ne l'est pas. Vous n'avez pas besoin d'un simulateur pour trancher, vous avez besoin de vos quatre factures.
Avec l'hypothèse haute de la même fourchette (4 100 € par mois, soit 49 200 € par an), la marge disponible passe à 28 200 € par an, et le rendement brut de 10,2 % à 24,6 % sur le même bien, sans qu'une seule charge ait été payée. C'est pour cela qu'un rendement brut ne se compare pas d'une annonce à l'autre.
Pour tester votre hypothèse de remplissage : à 125 € la nuit affichés à Serris (relevé du 3 septembre 2026), quatorze nuits vendues dans le mois représentent 1 750 € encaissés par la plateforme, frais de ménage compris. Si votre calcul suppose vingt-cinq nuits vendues chaque mois de l'année, écrivez-le noir sur blanc : c'est cette ligne qui porte tout le reste.
Les cinq pièges qui faussent le calcul
Piège 1 : confondre ce que le voyageur paie et ce que vous encaissez
Entre le prix affiché et le virement reçu, il y a la commission de la plateforme, la taxe de séjour collectée et les frais de ménage refacturés. La mesure fiable est celle de notre guide du tarif d'une conciergerie : additionnez tout ce que le voyageur a payé, comparez au virement net réellement reçu, rapportez l'écart à vos recettes. Ce taux tout compris se lit sur vos relevés, pas sur une page commerciale.
Piège 2 : prendre un prix affiché pour un revenu réalisé
Un prix de liste est ce qu'un hôte demande un jour donné, pas ce qu'il encaisse sur l'année. Notre relevé du 3 septembre 2026 le montre : à trois mois et demi de l'échéance, la médiane de Noël à Serris (127 € la nuit) ne dépasse pas celle d'octobre (125 €), et à Chessy elle est inférieure (132 € contre 140 €). Aucun taux d'occupation ne se déduit d'un prix affiché.
Piège 3 : oublier la taxe de séjour, et le levier du classement
Elle n'apparaît dans aucun calcul de coin de table et elle pèse pourtant sur la note du voyageur, donc sur votre pouvoir de prix. Sur une nuitée à 120 € hors taxe de séjour occupée par deux personnes en Val d'Europe, soit 60 € par personne, un meublé non classé supporte 19,50 € de taxe de séjour, contre 11,06 € une fois le bien classé 3 étoiles (calcul du 3 septembre 2026 à partir des tarifs délibérés : 16,25 % du coût hors taxes plafonné à 15,93 €, contre 5,53 € par personne pour un 3 étoiles). Le classement est un levier de marge, pas une formalité.
Piège 4 : ne chiffrer ni son temps ni la délégation
Une location courte durée bien tenue demande, selon notre estimation, 20 à 30 heures par mois et par logement : annonce, tarification, réponses, arrivées, ménage, linge, incidents. Si vous faites tout seul, valorisez ces heures. Si vous déléguez, la commission du marché va de 15 à 30 % des revenus, le plus souvent autour de 20 % (pages tarifs publiques des conciergeries françaises, juin 2026). Les deux colonnes doivent figurer au tableur.
Piège 5 : oublier la fiscalité, et surtout la sortie
Depuis la loi Le Meur, l'abattement du micro-BIC d'un meublé non classé est de 30 % avec un plafond de 15 000 € de recettes (50 % et 77 700 € pour un meublé classé). Notre exemple, à 20 400 € de recettes, sort de ce cadre : le régime réel n'y est pas une optimisation, c'est le régime applicable. Et depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits en location meublée non professionnelle sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente (loi de finances pour 2025, article 84, hors certaines résidences services). Un calcul qui s'arrête à l'exploitation ignore la moitié de l'opération : faites valider le montage par un expert-comptable.
Courte durée ou location classique : le comparatif honnête
Cette page a absorbé notre ancien comparatif « Airbnb ou location classique » : la question ne se tranche pas par un slogan, mais par le même calcul appliqué deux fois. Ce qui change d'une colonne à l'autre :
| Ce qui change | Location courte durée | Location classique meublée |
|---|---|---|
| Recettes | variables, saisonnières, plafonnées par le nombre de nuits vendues | un loyer fixe, connu à l'avance |
| Charges à votre compte | ménage, linge, consommables, énergie, internet, plateformes, conciergerie | essentiellement copropriété, taxe foncière, assurance, entretien |
| Temps de gestion | 20 à 30 heures par mois et par logement (estimation Coolok), ou une commission | quelques heures par an, hors incident |
| Vacance | se lit dans le taux d'occupation, mois par mois | un risque concentré : impayé, congé, relocation |
| Fiscalité | micro-BIC à 30 % plafonné à 15 000 €, sinon régime réel | meublé de longue durée, moins de charges déductibles |
| Réglementation | plafond de jours, changement d'usage, DPE, taxe de séjour | encadrement des loyers selon la zone |
La méthode tient en une ligne : posez votre loyer annuel en face de vos recettes courte durée nettes de charges d'exploitation, sur le même bien, sur douze mois. Si l'écart ne couvre pas le surcroît de travail ou la commission, la courte durée n'apporte rien. S'il le couvre largement, la question devient celle de la régularité et du risque, pas celle du rendement.
Un point que les tableaux oublient : la courte durée vous laisse le logement disponible. Vous bloquez le calendrier quand vous en avez besoin, ce qu'un bail classique ne permet pas. Cette valeur d'usage ne figure sur aucune ligne, et décide pourtant beaucoup de dossiers.
Ce que la réglementation change au calcul
Elle ne change pas une ligne du tableur : elle change le nombre de nuits vendables, et parfois la faisabilité du projet.
- Le plafond de la résidence principale est de 120 jours par an, abaissable à 90 par délibération motivée depuis le 1er janvier 2025. Paris applique les 90 jours. Un plafond réduit d'un quart réduit vos recettes d'autant : le calcul se refait, il ne se contourne pas.
- Le changement d'usage décide si un logement dédié est exploitable. Une autorisation simple est un dossier à monter. Une compensation, c'est-à-dire recréer une surface d'habitation équivalente, est un mur financier qu'aucune tarification ne franchit.
- Le diagnostic de performance énergétique conditionne l'autorisation : classe A à E pour toute nouvelle autorisation de changement d'usage, classe A à D pour tous les meublés de tourisme au 1er janvier 2034, hors résidence principale. Un bien classé F ou G, ce sont des travaux à inscrire au prix de revient.
- Les sanctions ne se provisionnent pas, elles s'évitent : jusqu'à 15 000 € pour un dépassement du plafond de jours, 20 000 € pour une fausse déclaration, 100 000 € par local pour un changement d'usage non autorisé.
La carte francilienne, relevée sur les délibérations, est dans notre guide de la loi Le Meur. Le principe : appelez la mairie avant de remplir la première case du tableur.
Quand la courte durée n'est pas le bon choix
Nous refusons des dossiers. Les cas qui reviennent le plus souvent :
- La commune impose une compensation. C'est le cas de Paris et d'une large part de l'ouest de la petite couronne, dont Boulogne-Billancourt, Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Issy-les-Moulineaux, Courbevoie, Saint-Cloud, Malakoff et Puteaux. Pour un particulier, l'équation ne se rattrape pas.
- Le plan local d'urbanisme bloque l'adresse. À Bussy-Saint-Georges, il n'existe ni changement d'usage ni numéro communal, mais la location d'une résidence secondaire en meublé de tourisme n'est autorisée que dans certaines zones du plan local d'urbanisme (vérifié le 3 septembre 2026). La première vérification porte sur l'adresse, pas sur le bien.
- L'autorisation est contingentée. Montévrain, mitoyenne du Val d'Europe, applique depuis le 1er janvier 2026 une autorisation temporaire de trois ans, une seule par propriétaire, un quota chiffré par zone et un plafond abaissé à 90 nuitées.
- La copropriété interdit le meublé de tourisme. Depuis la loi Le Meur, le loueur informe le syndic et le sujet passe en assemblée générale.
- Vous avez besoin d'un revenu régulier. Une recette qui varie du simple au double selon les mois ne convient pas à un budget tendu, même si sa moyenne annuelle est supérieure.
Dans ces situations, la bonne réponse n'est pas une conciergerie, c'est un autre montage. Nous le disons avant, pas après.

Le mot de Thierry Moraldo, fondateur de Coolok
J'ai été propriétaire bailleur avant d'être concierge, et je faisais la même erreur que tout le monde : je regardais ce qui rentrait, pas ce qui restait. C'est toujours pareil. Le nerf de la guerre, ce n'est pas le chiffre affiché par un simulateur, c'est ce qui tombe net sur votre compte à la fin du mois.
Alors quand un propriétaire m'appelle, je ne commence jamais par le bien. Je commence par la commune, puis par ses factures. Le ratio coût-bénéfice, c'est ça : ce que vous investissez, ce que ça rapporte une fois tout payé. Si le calcul ne passe pas avec des hypothèses prudentes, il ne passera pas mieux avec de l'optimisme.
Je suis payé au résultat, donc j'ai le même intérêt que vous à ne pas me raconter d'histoires. Il m'arrive de dire à quelqu'un que son dossier ne vaut pas le coup, ou que sa mairie a fermé la porte. On me remercie plus souvent qu'on ne le croit.
Et une chose que la plupart des gens sous-estiment : le travail derrière une location qui tourne. Les annonces, les prix, les arrivées, les incidents à vingt-trois heures. C'est un marathon, pas un sprint. Envoyez-moi vos chiffres, je vous fais le calcul sur votre bien, sans engagement.
Questions fréquentes
Est-ce rentable de faire du Airbnb ?
Cela dépend de trois variables mesurables : vos recettes, vos charges d'exploitation et votre mensualité de crédit. Sur notre exemple d'un T2 à Serris acheté environ 200 000 €, l'hypothèse basse de recettes (20 400 € par an, relevé du 9 juillet 2026) laisse 5 160 € par an pour les charges du bien. Sous ce seuil, le cashflow est positif.
Quelle est la ville la plus rentable sur Airbnb en France ?
Nous n'avons pas mesuré de classement national et nous ne publions pas un chiffre que nous n'avons pas relevé. Ce que nous avons mesuré, ce sont les prix de liste de sept communes le 3 septembre 2026 : de 68 € la nuit à Reims à 140 € à Chessy. Un prix élevé ne fait pas une rentabilité, le prix au mètre carré et la règle locale pèsent autant.
Où Airbnb marche le mieux en Île-de-France ?
Là où la demande est continue et le prix d'achat encore raisonnable. La couronne Disney affiche les prix de liste les plus élevés de notre périmètre hors Paris (125 € à Serris, 140 € à Chessy le 3 septembre 2026) pour un prix médian au mètre carré de 4 453 € à Serris, contre 6 814 € à Versailles et 8 874 € à Vincennes (Figaro Immobilier, 1er août 2026).
Quel pourcentage de commission prend Airbnb ?
Le taux appliqué à votre logement figure sur votre relevé de versement et dans le paramétrage de votre annonce : c'est la seule source qui vaille, puisqu'il dépend du mode de facturation retenu. Prenez le montant retenu sur trois versements et rapportez-le à vos recettes.
Quel est le coût d'une conciergerie Airbnb ?
La commission du marché français va de 15 à 30 % des revenus, le plus souvent autour de 20 %, avec des frais variables souvent refacturés au voyageur (pages tarifs publiques, juin 2026). Chez Coolok, elle est de 20 % HT au résultat. Le seul comparatif valable reste le taux tout compris, détaillé dans notre guide du tarif d'une conciergerie.
Est-ce que la conciergerie Airbnb est rentable pour le propriétaire ?
Elle l'est si le gain d'exploitation dépasse la commission. Posez deux colonnes : d'un côté la commission, de l'autre les heures que vous ne passez plus (20 à 30 heures par mois et par logement selon notre estimation) et l'écart de recettes obtenu par la tarification et le remplissage.
Quelle est la réglementation concernant la location courte durée ?
Trois niveaux se cumulent : le cadre national (déclaration du meublé, plafond de 120 jours pour une résidence principale, diagnostic classé A à E pour une nouvelle autorisation de changement d'usage), les décisions de votre commune (plafond à 90 jours, changement d'usage, compensation, quota) et votre règlement de copropriété. Le détail francilien est dans notre guide de la loi Le Meur.
Une question qui n'est pas dans la liste ? Posez-la sur WhatsApp ou appelez le 06 73 93 75 01.
Sources
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 dite loi Le Meur, Légifrance, consultée le 3 septembre 2026
- Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 84, Légifrance, consultée le 3 septembre 2026
- service-public.gouv.fr, fiche F2043, location d'un meublé de tourisme, consultée le 3 septembre 2026
- Guide pratique de la réglementation des meublés de tourisme, ministère de la Transition écologique, septembre 2025
- Observatoire Crédit Logement/CSA, 2e trimestre 2026, juillet 2026 (taux moyen 3,24 %, 3,30 % sur 25 ans en juin)
- Relevé Airbnb de MKZ Consulting pour Coolok, 3 septembre 2026 : 204 annonces de logements entiers sur 7 communes, 7 nuits en octobre et décembre 2026, prix de liste frais inclus
- Délibérations de Val d'Europe Agglomération, Marne et Gondoire, Melun, Pays de Fontainebleau et Paris Est Marne & Bois, relevées le 3 septembre 2026 (changement d'usage, quotas, taxe de séjour)
- Figaro Immobilier, prix médian tous biens à Serris, Données par commune publiées sur coolok.co : nuitée et recettes (relevé AirDNA croisé, extraction du 9 juillet 2026), prix au m² (, estimation au 1er août 2026)
- Relevé des pages tarifs publiques des conciergeries françaises, juin 2026 (commission de 15 à 30 %)




